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Capgemini et ICE : quand les géants français de la tech se vautrent dans l'indécence

On croyait avoir tout vu. Les plans de licenciement habillés en "transformation digitale", les discours creux sur la "responsabilité sociale", les chartes éthiques qui servent de papier toilette à la première opportunité de contrat juteux. Mais Capgemini vient de repousser les limites de l'hypocrisie corporate.

Capgemini et ICE : quand les géants français de la tech se vautrent dans l'indécence

Pendant que le fleuron français du numérique annonce tranquillement la suppression de 2 400 postes en France, 7% de ses effectifs hexagonaux, excusez du peu, on découvre, grâce à L'Observatoire des multinationales, que sa filiale américaine fournit ses services à l'ICE. Oui, cette police de l'immigration devenue le bras armé de la politique xénophobe de Donald Trump. Cette agence qui traque, enferme et déporte des familles. Cette institution dont les agents viennent de tuer deux personnes désarmées à Minneapolis.

Le business de la traque humaine

Le contrat ? 4,8 millions de dollars pour du "skip tracing". En bon français : localiser des êtres humains pour faciliter leur expulsion. Capgemini Government Solutions, le nom est déjà un poème, se vantait encore récemment sur son site (la page a mystérieusement disparu) de travailler avec l'ICE "pour minimiser le temps et le coût de la déportation de tous les étrangers illégaux".

Cela dit, s'ils sont aussi efficaces pour le gouvernement américain que pour le gouvernement français, c'est presque une bonne nouvelle pour les immigrés aux USA... Quiconque a eu affaire aux projets Capgemini sur les marchés publics hexagonaux sait de quoi je parle : des millions engloutis, des délais explosés, des systèmes qui plantent. Mais ici, pour une fois, on aimerait presque qu'ils maintiennent leur niveau habituel.

Et cerise sur le gâteau : des primes au rendement. Plus l'ICE identifie de personnes grâce aux outils de Capgemini, plus les dollars tombent. On a monétisé la chasse à l'homme.

Le silence complice de l'écosystème tech

Combien de développeurs, d'ingénieurs, de chefs de projet travaillent chaque jour sur ces systèmes sans se poser de questions ? Combien de talents français exportent leur savoir-faire pour alimenter une machine à broyer des vies ?

"J'ai honte de mon entreprise", témoignent des salariés de Capgemini. La CGT réclame la fin immédiate de cette collaboration. Mais pendant ce temps, le cours de bourse ne chute que de 2%. Deux malheureux pourcents. Le prix de la décence, apparemment.

Il est temps que la tech se réveille

Aux développeurs, aux ingénieurs, aux designers : vous n'êtes pas des pions interchangeables. Votre code a des conséquences. Vos algorithmes détruisent ou construisent. Refusez les projets toxiques. Posez des questions. Exigez la transparence. Et si les réponses ne viennent pas, partez.

Aux clients de Capgemini, et ils sont nombreux en France : banques, assurances, ministères, posez-vous la question. Voulez-vous vraiment que vos systèmes d'information soient développés par une entreprise qui participe activement à la traque de migrants ? Chaque contrat signé avec ces mastodontes sans éthique est une caution morale.

Aux dirigeants qui lisent peut-être ces lignes entre deux réunions sur la "transformation agile" : vos employés vous regardent. Vos clients commencent à comprendre. Et l'histoire jugera.

Le vrai visage de la "French Tech"

Capgemini, c'est 355 000 salariés dans le monde. Un géant du CAC 40. Un symbole de l'excellence technologique française à l'international. Et voilà ce qu'on exporte : notre expertise au service de la chasse aux migrants.

Pendant qu'on licencie en France, on encaisse les dollars de l'administration Trump. Pendant qu'on pond des rapports RSE et qu'on se gargarise de "valeurs", on aide une agence fédérale accusée de violences systémiques.

Le budget de l'ICE vient de passer de 10 millions à 85 milliards de dollars. Le marché de la répression est en plein boom. Et nos champions nationaux se bousculent au portillon.

Les salariés de Capgemini ont raison d'avoir honte. Mais la honte ne suffit plus. Il faut des actes. Des démissions. Des résiliations de contrats. Des prises de parole publiques.

Le monde de la tech a une responsabilité immense. Nos outils façonnent la société. Nos choix ont des conséquences sur des millions de vies. Il est temps d'arrêter de se cacher derrière le "je ne fais qu'exécuter les ordres" ou le "c'est juste du code".

Non. Ce n'est jamais "juste du code" quand il sert à traquer des familles.

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